Recherche clinique : la France résiste au recul européen grâce à son socle académique

L’Europe continue de perdre du terrain dans la recherche clinique. Après le pic d’activité observé pendant la crise sanitaire, le nombre d’études menées sur le continent poursuit sa baisse, tandis que les États-Unis et l’Asie-Pacifique renforcent leur attractivité. Dans ce paysage moins favorable, la France conserve toutefois une place de premier plan.

Selon le dernier baromètre de l’AFCROs, l’Hexagone reste le premier pays européen en volume d’études cliniques, devant l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Mais cette position masque une tendance fragile : le nombre total d’études continue de reculer, avec 2 170 projets recensés en 2025, contre environ 2 400 les deux années précédentes.

Un moteur académique encore puissant

La résistance française repose surtout sur la recherche académique, qui progresse dans les études interventionnelles, notamment autour du médicament. À l’inverse, les études portées par l’industrie accusent un net repli, particulièrement dans les dispositifs médicaux, pénalisés par un cadre réglementaire européen jugé plus lourd.

Sur ce terrain industriel, l’Espagne s’impose désormais comme la référence européenne, portée par une meilleure rapidité de mise en œuvre des essais. Délais d’autorisation, ouverture des centres et recrutement des patients sont devenus des critères décisifs pour attirer les promoteurs.